19 Août 2026
Dans le métro, tout le monde dépend de tout le monde, même lorsqu’on fait semblant de s’ignorer. On partage la même rame, les mêmes quelques mètres carrés, les mêmes arrêts. Le cadre croise le mendiant, l’écolier remarque la vieille dame, des inconnus se frôlent sans se connaître. Nous aimerions nous croire indépendants, mais toute notre vie raconte le contraire : nous avons besoin des autres.
Et pourtant, quelle étrange époque ! Nos téléphones affichent cinq barres de réseau, des centaines de contacts, des milliers d’abonnés parfois… mais il devient possible de traverser une rame entière sans rencontrer un seul regard.
« Tous connectés, chacun bien dans sa bulle,
Et tous unis dans la même solitude. »
Peut-être que cette frénésie de connexion dit justement quelque chose de notre besoin immense d’être reliés. Nous cherchons dans le virtuel une présence, une reconnaissance, une attention. Et parfois cette compensation révèle surtout une forme de misère affective : nous n’avons jamais eu autant de moyens de nous joindre, mais cela ne signifie pas que nous nous rencontrons davantage.
La contradiction n’est d’ailleurs pas seulement autour de nous. Elle est aussi en nous.
« À bas tous les réseaux ! J’en fais un post,
Ensuite je checke toutes mes vues dès que je sors. »
Nous voulons le bien et supportons mal l’ingratitude. Nous cherchons les autres et nous en méfions. Nous voulons aimer sans souffrir, donner sans être déçus, nous engager sans être blessés.
Mais nos expériences les plus douloureuses sont parfois aussi celles qui nous ont le plus appris. Une déception nous révèle nos attentes. Une rupture nous fait mesurer la valeur d’un attachement. Une injustice peut réveiller notre besoin de justice. Même nos contradictions deviennent parfois des miroirs.
C’est cela que j’ai voulu mettre dans La Tawḥīd Attitude : pas une théorie, mais des scènes ordinaires de nos vies. Une vieille dame, un enfant qui se lève, un mendiant qu’on ignore, un téléphone qu’on regarde encore, une main qu’on tend et qui parfois se fait mordre.
Et si tout cela disait quelque chose ?
Le Coran nous invite précisément à regarder le monde, les autres et nous-mêmes comme autant de signes. Nos différences, notre dépendance, notre besoin de l’autre, nos contradictions, nos blessures, nos résistances : rien de tout cela n’est nécessairement dépourvu de sens.
Il y a peut-être quelque chose à comprendre derrière le métro de nos vies.
C’est cette piste que je vous propose maintenant d’explorer.
La chanson pose des questions. Le texte que vous venez de lire en ouvre quelques-unes. Le dossier ci-dessous propose d’aller plus loin.
La Tawḥīd Attitude — Dualité, Lien, Conflit
Un dossier illustré de 16 pages pour approfondir la réflexion à la lumière du Coran.
Dossier illustré de 16 pages pour approfondir les questions soulevées par La Tawḥīd Attitude : nos contradictions, notre besoin de l'autre et les tensions qui traversent nos vies, à la lumière du Coran.
Retrouvez la chanson sur YouTube ou Spotify.
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