9 Juillet 2026
Le texte disculpe explicitement Sulaymân : la mécréance n’est pas dans la royauté prophétique, mais dans l’usage occulte du savoir transmis par les démons. Hârût et Mârût n’enseignent qu’à titre d’épreuve, avertissant clairement du risque de kufr. Le mal ne réside pas dans la connaissance en soi, mais dans son orientation et son intention.
Le siḥr (magie) est une manipulation cachée visant à produire un effet contraire à l’ordre éthique. Il repose sur le désir de contrôle, de domination ou de séparation. À l’inverse de la révélation, il fragmente les liens et détourne l’âme de Dieu.
Le cœur du passage est la responsabilité humaine : fa-lâ takfur (« ne sois donc pas mécréant »). Rien n’est imposé. L’homme choisit librement d’utiliser une connaissance comme voie d’obéissance ou comme instrument de transgression. Le savoir devient alors soit lumière, soit tentation.
L’« échange » évoqué est ontologique : vendre son âme pour une illusion de pouvoir. Celui qui adopte la magie perd toute part dans l’au-delà, non par ignorance, mais par choix lucide d’un savoir nuisible.
« “Évitez les sept choses destructrices.” Ils dirent : “Ô Messager de Dieu, quelles sont-elles ?” Il dit : “Associer des partenaires à Dieu, la sorcellerie, tuer une âme que Dieu a rendue sacrée sans droit, consommer l’intérêt usuraire, consommer les biens de l’orphelin, fuir le combat décisif, et accuser faussement des femmes croyantes chastes et innocentes.” »
La sorcellerie est placée immédiatement après le shirk, ce qui indique sa gravité extrême. Elle ne relève pas de la superstition anodine, mais d’une volonté de détourner l’ordre divin pour nuire, manipuler ou diviser. Elle corrompt la foi et détruit les liens humains, en particulier le lien conjugal, que le Coran mentionne explicitement.
Ce bloc trace une frontière nette entre la révélation et son simulacre. La magie apparaît comme une caricature noire du sacré : elle promet pouvoir, maîtrise et efficacité, mais au prix de la rupture avec Dieu et avec l’éthique. Là où la révélation unifie, la magie sépare ; là où la foi libère, elle asservit.
Le texte est d’une actualité frappante. Dans un monde fasciné par l’invisible, l’influence psychique, l’ésotérisme, les techniques de domination émotionnelle ou relationnelle, le Coran rappelle que toute quête de pouvoir spirituel sans soumission est une tentation destructrice. Le problème n’est pas le mystère, mais l’orgueil : vouloir agir sur le réel sans passer par Dieu.
La conclusion du passage est décisive : la vraie alternative n’est pas entre savoir et ignorance, mais entre piété et transgression. La récompense de Dieu est meilleure que toute efficacité occulte. Celui qui choisit la foi et la taqwâ renonce au contrôle illusoire pour recevoir une force réelle : celle de l’obéissance, qui protège l’âme et restaure les liens.
Ce bloc est donc un avertissement majeur : tout savoir qui éloigne de Dieu est une perte, même s’il impressionne. La vraie puissance n’est jamais dans la manipulation, mais dans la fidélité.
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