9 Juillet 2026
Ces versets dévoilent une forme avancée de nifâq : la corruption qui se présente comme réforme. Le fasâd ne se limite pas à la violence ou à l’injustice visible ; il inclut la diffusion du doute, la division morale et la remise en cause de la vérité révélée. Ces individus prétendent réparer alors qu’ils altèrent l’ordre voulu par Dieu, car ils se donnent eux-mêmes le droit de définir le bien et le mal sans référence à la guidance divine.
La corruption désigne toute dégradation de l’équilibre instauré par Dieu, qu’elle soit extérieure ou intérieure. Elle peut prendre la forme d’un désordre social, mais aussi d’une confusion spirituelle et morale. Le corrupteur est celui qui détruit les repères sans reconnaître une autorité transcendante capable de juger ses actes.
Le danger le plus grave n’est pas la corruption assumée, mais celle qui se dissimule derrière un discours de réforme. En se présentant comme bienfaiteurs, ces individus désarment la conscience collective et rendent le mal plus difficile à identifier. La réforme authentique ne peut exister sans retour à Dieu ; sinon, elle devient une imposture destructrice.
Cette forme de corruption est liée à une altération du discernement. Les individus peuvent agir avec une certaine sincérité subjective tout en étant profondément égarés. La conviction intérieure ne suffit pas : sans rattachement à la guidance divine, la volonté de réformer devient un instrument de désordre, nourri par l’orgueil spirituel.
« Vous suivrez les voies de ceux qui vous ont précédés, empan par empan, jusqu’à ce que, si l’un d’eux entrait dans un trou de lézard, vous y entreriez aussi. »
Ces versets mettent en lumière une confusion décisive : celle qui consiste à se proclamer réformateur tout en produisant de la corruption. Le critère n’est pas l’intention affichée, mais l’orientation réelle de l’action. La corruption n’est pas toujours violente ou visible ; elle commence souvent lorsque l’homme s’arroge le droit de redéfinir le bien et le mal, en se coupant de toute référence à Dieu, à la révélation et à un ordre moral qui le dépasse. Le fasâd apparaît précisément lorsque l’on prétend corriger le monde sans accepter d’être soi-même corrigé.
Cette logique traverse profondément le monde contemporain. Le discours de la réforme est omniprésent, valorisé, presque sacralisé, tandis que ses effets concrets engendrent souvent fragmentation, déracinement et perte de repères. Le langage du progrès sert alors de paravent : il justifie des ruptures majeures tout en se présentant comme nécessairement bénéfiques. Les mots ne décrivent plus le réel, ils le recouvrent. Lorsque la réforme devient un slogan auto justificateur, elle cesse d’éclairer et commence à masquer. Le mal ne se reconnaît plus comme tel, car il s’exprime dans un vocabulaire positif, moral, voire compassionnel.
Les enseignements de ces versets sont immédiats et opératoires. Toute prétention à la réforme doit être éprouvée par un critère simple et exigeant : rapproche-t-elle réellement de Dieu, de la vérité, de la justice et de l’unité intérieure, ou produit-elle confusion, orgueil et désordre ? La sincérité subjective ne suffit pas. Une intention proclamée juste peut devenir destructrice si elle n’est pas enracinée dans la guidance divine. Le croyant est ainsi appelé à une vigilance constante : ne pas se laisser séduire par les discours, mais discerner les fruits réels des actes. Là où une réforme détruit le lien avec Dieu et désoriente l’homme, elle n’est plus réforme, mais fasâd – même lorsqu’elle se présente sous les formes les plus vertueuses.
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