9 Juillet 2026
Le verset lève une hésitation née d’usages antérieurs en réaffirmant la sacralité de Ṣafâ et Marwa. Le Coran purifie le rite de ses attaches polythéistes sans l’abolir, le réinscrivant dans le monothéisme pur comme signe légitime de Dieu.
Les sha‘âʾir (rites sacrés) sont des signes visibles qui éveillent la conscience de Dieu. Le rite devient mémoire incarnée : le corps se déplace pour rappeler au cœur la grandeur divine et la fidélité inscrite dans l’histoire.
La levée du junâḥ (infraction) ne constitue pas une simple permission, mais une réhabilitation pleine. Le sa‘î (les parcours entre Ṣafâ et Marwa) est confirmé comme pratique légitime du pèlerinage, restaurée dans sa finalité spirituelle et dégagée de toute confusion ancienne.
La mention du taṭawwu‘ (acte de bien) élargit l’horizon du rite. Dieu est shâkir, reconnaissant, et multiplie la valeur des œuvres volontaires. La sincérité et l’élan libre donnent au geste rituel sa profondeur auprès de Dieu.
Ce verset redonne au rite sa densité spirituelle. Parcourir Ṣafâ et Marwa n’est ni un automatisme ni une survivance historique, mais une mémoire vivante. Le geste répété inscrit le croyant dans une continuité où le corps devient langage, rappelant que la foi ne se vit pas seulement dans l’intellect, mais dans l’engagement total de l’être.
La réhabilitation de ces lieux montre que le Coran ne supprime pas l’histoire, mais la purifie. Ce qui a été entaché par l’idolâtrie peut être restauré lorsqu’il est réorienté vers Dieu. À l’encontre d’une modernité qui réduit le rite à l’irrationnel ou à l’utile, le Coran affirme une autre logique : celle du signe, de la gratuité et du don.
Il en découle une éthique du geste sincère. Même l’œuvre volontaire, discrète et non prescrite, est reconnue par Dieu. La spiritualité islamique se révèle ici comme une pédagogie de la mémoire et de la reconnaissance. Marcher entre Ṣafâ et Marwa, c’est apprendre que la fidélité, l’endurance et la confiance peuvent être inscrites dans un pas, et que ce pas, offert sans calcul, peut devenir éternité.
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