9 Juillet 2026
Ar-Râzî explique que le Coran reconnaît explicitement l’existence d’avantages concrets dans le vin et le jeu – détente, sociabilité, gains apparents – mais qu’il demande au croyant de comparer ces bénéfices à leurs effets globaux. Le critère n’est pas l’attrait immédiat, mais le poids moral et social. En affirmant que le tort est plus grand que l’utilité, le texte invite à une évaluation rationnelle des conséquences sur la personne, la famille et la société, préparant ainsi une réforme progressive des comportements.
Ar-Râghib s’arrête sur la réponse à la question de la dépense : « l’excédent, al-‘afw ». Il précise que cela désigne ce qui dépasse les besoins essentiels, sans mettre en péril l’équilibre de celui qui donne. Le verset ne fixe pas un montant, mais une règle de sagesse : la générosité doit naître de la lucidité et non de la contrainte, afin de devenir durable et juste.
Ibn ‘Âshûr met en lumière l’approche du Coran envers les orphelins. Plutôt que d’imposer une séparation froide ou une gestion suspicieuse, le texte autorise la cohabitation et le partage, à condition que l’intention soit la réforme et le bien. L’enfant vulnérable n’est pas traité comme un dossier, mais comme un membre de la famille humaine.
Ṭabâṭabâ’î insiste sur la distinction entre celui qui corrompt (al-mufsid) et celui qui répare (al-muṣliḥ). Cette distinction ne se lit pas uniquement dans les procédures, mais dans l’intention et les effets réels. Dieu connaît les cœurs et juge au-delà des apparences légales, ce qui protège l’éthique de toute instrumentalisation.
Ces versets abordent trois domaines souvent traités séparément – plaisirs, argent, vulnérabilité – pour montrer qu’ils relèvent d’une même éthique communautaire. Le Coran commence par le vin et le jeu non pour les diaboliser sans nuance, mais pour apprendre à penser en termes de conséquences. Il reconnaît l’attrait et l’utilité apparente, puis demande d’examiner l’impact réel sur la maîtrise de soi, la stabilité familiale et la justice sociale. Cette méthode refuse l’interdit arbitraire et privilégie l’éveil de la conscience.
La question de la dépense poursuit la même logique. Donner « l’excédent » n’est ni une aumône humiliante ni une confiscation morale ; c’est un partage raisonné qui maintient la dignité de chacun. Le texte invite à réfléchir « sur ce monde et l’au-delà », rappelant que l’économie n’est jamais neutre : elle façonne des liens ici-bas et engage une responsabilité devant Dieu.
Enfin, la parole sur les orphelins protège la compassion contre deux excès contemporains : l’appropriation intéressée et la bureaucratisation froide. En les appelant « vos frères », le Coran refuse que l’aide devienne une distance. Il autorise le mélange des vies, tout en rappelant que Dieu distingue le soin sincère de l’exploitation masquée. Les enseignements se dégagent alors clairement : réguler les plaisirs par la lucidité, orienter la richesse par le partage, et protéger les plus faibles par une fraternité vécue. Dans une société où le plaisir est marchandisé, l’argent centralisé et la vulnérabilité administrée, ces versets proposent une réforme simple et exigeante : penser avant de consommer, donner sans s’appauvrir moralement, et aimer sans instrumentaliser. Dieu sait ce que chacun fait de cette liberté.
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